-
Economie Savoir-faire Implantez-vous Actualités Liens Cartographie Conseil Général Page d'accueil Plan du site Aide E-mail

LES SAVOIR-FAIRE ET FILIÈRES DANS LA SOMME -> L’industrie du Galet


Les vastes plages du littoral picard sont constituées dans leur partie sud, de galets provenant de l’érosion des falaises du pays de Caux.
Depuis le quaternaire, grâce aux courants marins, ils poursuivent leur chemin pour arriver jusque Cayeux sur Mer, point ultime de leur transit vers le Nord. Seul gisement au monde composé de 98% de silice, cette matière première est précieuse par sa grande pureté et son extrême dureté.

Les ramasser à la main était, dès 1840, l’une des rares activités du littoral ; les journaliers remontaient chaque jour sur l’épaule, dans des mannes, jusqu’à une tonne chacun. Les galets ronds étaient alors utilisés comme broyeurs pour les ciments et les minerais d’or et d’argent. La taille, la forme, la couleur avaient leur importance et si le galet rond était le plus noble, le noir servait à la fabrication d’un type de porcelaine anglaise très prisé.
Le concassage à froid, puis le broyage et la cuisson permirent la transformation sur place, près du Hourdel d’une part, et de la gare d’autre part, dans l’usine “Sanson” devenue aujourd’hui SILMER.

Aujourd’hui, leur qualité exceptionnelle fait que ces galets ont toujours une réputation internationale dans les milieux industriels et leur extraction représente une véritable réalité économique et sociale ; elle génère en effet, de nombreux emplois induits comme l’entretien mécanique, le transport... et permet ainsi à la population locale de rester sur place en proposant des métiers de proximité.
En effet, si les entreprises perpétuent une tradition locale ancienne, elles ont de nos jours, un rôle économique vital pour la région ; à Cayeux, un foyer sur 6 est concerné par le galet; c’est dire l’importance de cette activité.

Actuellement, 10 établissements se partagent leur exploitation avec chacune leur spécificité qui va de l’extraction à la transformation en passant par le ramassage à la main, le concassage ou le broyage ou encore la cuisson, le tamisage...

Trois grands types de produits en découlent : les galets ronds, la silice calcinée ou la silice crue broyée ; c’est le triage qui déterminera leur utilisation.

Une première sélection en fonction de la forme, la dimension et leur état de surface se fera, soit par ramassage direct sur l’estran, soit par criblage mécanique suivi d’un tri manuel.
Les galets ronds, ce produit rare, seront alors principalement commercialisés en tant que charges broyantes pour l’industrie céramique et du broyage de minéraux industriels tels que feldspath, silice, zircon...

Les “refus” du premier tri en subiront un nouveau et seront alors ou broyés ou calcinés.
Les utilisations de la silice calcinée, appelée silice cristobalite (Silmer est la seule usine du littoral picard à fabriquer de la silice cristobalite) sont multiples :
Les minigrains inférieurs à 3 mm sont utilisés comme charges minérales dans les peintures routières, les matériaux composites, les enduits, les colles et mastics, les sols industriels…
Les farines servent de charges dans la faïencerie et la céramique, les peintures, la fonderie, les produits réfractaires, les produits d’entretien, certains dérivés de la silice (silicates, silicones),
Quant aux granulats clairs, ils sont destinés aux bétons, à la faïencerie, aux applications routières (granulat blanc antidérapant et rétro réfléchissant incorporé dans les couches de roulement pour les éclaircir ; produit de marquage de la signalisation horizontale )

Enfin, la silice crue broyée permet de fabriquer plus d’une trentaine de produits dont la granulométrie varie de 120 microns à 20 mm et que l’on retrouve dans de nombreux secteurs industriels :
Filtration des eaux potables, résiduaires ou industrielles,
Sablage par voie humide, décapage, dépolissage,
Bétons spéciaux à haute résistance et sols industriels,
Régénération des eaux de piscines,
Epuration des liquides,
Graviers d’alimentation pour l’aviculture,
Production de toiles et papiers abrasifs…

A Cayeux sur mer, on extrait des galets en carrières terrestres et sur le domaine maritime public. Mais avec une épaisseur de 15 à 20 m, le gisement n’est pas inépuisable et l’on prévoit encore 30 ou 40 ans d’exploitation ; en effet, la côte connaît un déficit en galets ; les ouvrages en mer, comme les centrales nucléaires de Paluel et de Penly, le port off-shore de Dieppe et les différentes jetées constituent autant d’obstacles au transit des galets. Les industriels ont bien compris qu’il ne fallait pas gaspiller cette matière première, car ils vivront à Cayeux tant qu’il y aura des galets.
Les autorisations sont aujourd’hui draconiennes avec la généralisation des études d’impact et des enquêtes publiques ainsi que l’obligation pour les exploitants, de remettre en place les mêmes tonnages de galets extraits et d’aménager les carrières qui doivent en effet, être reconverties ; des garanties financières sont maintenant demandées de façon à assurer la mise en état des sites en cas de défaillance de l’entreprise.
Les plans d’eau aménagés en respectant l’écosystème particulier à la baie, prendront alors une vocation touristique avec le développement d’activités nautiques de façon à donner un nouvel essor à cette plate-forme industrielle. C’est peut-être là que se trouvera l’activité de remplacement quand les gisements seront épuisés.

Les entreprises :

SILMER ou l’usine de silice calcinée :
Fondée en 1928 par Victor SANSON, l’entreprise du même nom, spécialisée dans le traitement du galet est devenue SILMER en 1986. A l’origine, il s’agissait de fournir à l’industrie céramique, une silice broyée, alors que les faïenciers de l’époque cuisaient eux-mêmes pour obtenir la silice cristobalite. Et si la céramique constituait jusque la guerre, pratiquement le seul débouché, de nombreux marchés s’y sont adjoint par la suite, comme la fonderie de précision (Renault), l’industrie des poudres à récurer (LEVER fabriquait son « Vim » avec la silice de Cayeux), comme agrégat pour le ciment blanc, puis pour le béton blanc et les couvertures routières, enfin plus récemment, elle est incorporée aux peintures et aux plastiques. Réunissant ainsi trois qualités, qui d’habitude ne sont presque jamais simultanées : blancheur - pureté - neutralité, la silice produite jusqu’alors sous forme de farine est désormais fournie en grains de toutes dimensions, d’une blancheur éclatante.

 

DELARUE
Les Etablissements DELARUE (ex Delarue-Levasseur) ont vu le jour en 1875 ; il s’agit de la plus ancienne entreprise spécialisée dans l’industrie du galet à Cayeux.
Elle réalise plus de 90% de son chiffre d’affaires à l’exportation en fournissant des pays du monde entier et couvre ainsi 75% des besoins du marché mondial.
Le ramassage manuel représente environ 12% de sa production, le reste est fourni par deux carrières terrestres ; la première, située au Hourdel est exploitée par la société GMF, la seconde au Nord de la Baie de Somme est exploitée par les établissements Oscar SAVREUX .
Les établissements Delarue procèdent alors au triage manuel et au calibrage de ces galets, qui sont utilisés comme agents de broyage dans des « cylindres à galets » essentiellement pour l’industrie céramique.
Malgré l’évolution des techniques, le galet de Cayeux reste le corps broyant le plus apprécié puisqu’il a l’avantage de ne pas introduire dans la matière broyée d’éléments perturbateurs ou polluants.
La Compagnie Française des Silex (C.F.S.) est une filiale de Delarue.

 

CHATELET - GMF - EURARCO

CHATELET : créée au début du siècle par Monsieur CHATELET, l’entreprise fut reprise en 1984 par GSM. Son activité principale est le broyage des silex dont l’utilisation est multiple :

Préparation d’abrasifs,
Matériaux utilisés pour les bétons, les sols industriels, les systèmes de filtration des eaux potables, industrielles ou hydrocarbures,
Régénération des eaux de piscine
Graviers d’alimentation pour l’aviculture.

GMF (le Galet de Mer Français) : tout comme Chatelet, GSM a repris la même année LE GALET DE MER FRANÇAIS, dont l’activité principale consiste en l’extraction de sables, graviers et galets.
Si sables et graviers sont commercialisés pour le bâtiment et les travaux publics, GMF fournit en galets l’entreprise du même groupe Chatelet.

EURARCO : à Saint Firmin Les Crotoy, EURARCO est l’un des principaux producteurs de granulats du département de la Somme. Fournisseurs de matériaux pour les grands travaux routiers, l’activité de l’entreprise consiste depuis 25 ans, à extraire des galets par dragage de plans d’eau ; ils sont ensuite criblés, concassés, stockés par catégories de granulométrie et commercialisés.

 

ETC et SAMOG
ETC et SAMOG extraient sables, graviers et galets qui seront triés automatiquement en 4 grands produits :

Les sables sont utilisés comme matériaux de remblai
Les gravillons roulés (petits galets) servent surtout à la décoration
Les gros galets alimentent l’industrie locale des galets ronds
Quant aux galets moyens, ils sont traités par ces 2 unités.

En effet, ETC (L’Entreprise Tréportaise de Concassage) a été créée, comme son nom l’indique, au Tréport en 1947 et traite après extraction, les galets de dimension moyenne par concassage pour produire les granulats nécessaires aux travaux de reconstruction d’après guerre.
Ainsi, la Tour Perret a t-elle été édifiée avec des galets concassés au Tréport.

 

MARQUENTERRE MINERAUX
L'entreprise a été créé en novembre 1994 afin de produire des galets de broyage à partir des galets de mer extraits dans les carrières de la région : carrières de Rue et du Crotoy, exploitées par la société Pierre BOINET et carrières dans le Pas-de-Calais, exploitées quant à elle par le groupe HOLCIM.
Ces galets seront alors triés manuellement et calibrés par un tamis vibrant (calibreuse), puis conditionnés en conteneurs, sacs, caisses-palettes en vue de leur commercialisation vers les industries céramiques et minérales.

 

OSCAR SAVREUX
La plus grosse carrière de la région est exploitée par l’entreprise OSCAR SAVREUX qui extrait du « tout-venant » ; une fois lavés, criblés et / ou concassés, les matériaux seront répartis en sables, cailloux et gravillons pour l’industrie du bâtiment et des travaux publics (routes, renforcement des digues, béton…), et en galets revendus à l’industrie du galet de Cayeux sur Mer. Comme son nom l’indique, c’est la Société des Transports Savreux basée à Rue qui assure le transport de ces matériaux.